Colloque :
Plan
de relance de l’enseignement de l’allemand dans l’Académie de Nice
Lycée
du Parc Impérial à Nice
Jeudi
22 octobre 2009
Ce colloque s’est déroulé en deux parties. D’abord un
séminaire: « Enseigner l’allemand dans une perspective européenne »,
puis, l’après-midi des interventions de Monsieur Francis Goullier, IPG
d’allemand, de Madame Jeannette Tümer, Adjointe de Monsieur le Consul
d’Allemagne à Marseille, de Monsieur Christian Nique, Recteur de l’Académie de
Nice, en présence de Monsieur Joseph Cesaro, Doyen des Inspecteurs.
Monsieur Nicolas Cerami, Proviseur du lycée, a accueilli
soixante enseignants d’allemand. Le séminaire s’est ensuite déroulé en quatre
ateliers simultanés avec un changement d’atelier pour les participants.
Monsieur le Proviseur nous a aimablement invités à déjeuner au lycée.
Quant à l’après-midi, la cérémonie a débuté par un mot
d’accueil de Monsieur Cerami, suivi du mot de Monsieur Goullier, de celui de
Madame Tümer et du discours de Monsieur le Recteur. Puis ont lieu des
témoignages d’élèves français et allemands, présentés par Madame Herminia
Daeden, de la DAREIC, devant les Chefs d’établissement des trente-et-un lycées
dont les élèves ont été reçus à la certification B1 et de Monsieur le Principal
du Collège La Sine, venu avec ces élèves-témoins.
Monsieur Goullier, parle du plan de relance de l’allemand
en soulignant son plaisir d’assister à cette assemblée. En s’adressant plus
précisément aux professeurs, il leur dit qu’un plan est une chance de soutien
institutionnel, une chance de renouveau pour notre discipline. Mais ce n’est
pas suffisant : il faut puiser de nouvelles forces et faire un
rapprochement commun des langues (CECRL). Les cordes à jouer sont :
1.
La
proximité linguistique et didactique de l’anglais. Il faut tirer profit de
cette proximité pour que les élèves et les parents en prennent conscience.
Les classes bilangues ont de meilleurs résultats dans les deux langues !
2.
Il
faut une valorisation systématique, c’est-à-dire, un changement de perspectives
sur les élèves pour valoriser ce qu’ils sont capables de faire, grâce à la
certification. Cela nous permet d’être à la pointe. Le groupe de compétences,
axe fort de la réforme des lycées, est applicable au sein d’un établissement
entre les collègues.
3.
La
mobilité doit devenir le fil conducteur de l’enseignement de l’allemand, mais
non seulement les voyages scolaires, également l’ouverture sur les autres
langues, également par les DNL. C’est préparer linguistiquement, culturellement
et affectivement les élèves à ce qu’ils fassent un séjour plus long à l’étranger.
En conclusion, l’enseignement de l’allemand ne s’inscrit
pas contre les autres langues. Nous avons ouvert des voies qui peuvent être
utilisées par les autres langues. Et Monsieur Goullier nous souhaite bon
courage pour tout ce qu’il nous reste à faire pour la mise en œuvre de ce plan.
Madame Tümer, représentant Monsieur Spaeth, Consul
général d’Allemagne à Marseille, rappelle que l’initiative a été lancée en 2004
et qu’en Allemagne a été introduit le dictionnaire élémentaire de la langue
française. Elle adresse ses remerciements aux différents acteurs de ce colloque,
ainsi qu’aux chefs d’établissements, chargés de remettre les diplômes de la
certification. Elle vante les possibilités de la langue allemande (voyages,
travail en Allemagne…) et souhaite que l’avenir puisse permettre la remise de
nombreux diplômes de la certification.
Intervient ensuite Monsieur le Recteur. Il est venu pour
la remise des diplômes de la certification en allemand et souligne que
l’enseignement de l’allemand est solide et qu’il produit de bons résultats.
Mais il n’y a pas assez d’élèves dans l’académie : il faut le faire savoir ! La culture allemande est
une grande culture au service de l’Europe. D’ailleurs, une partie de la culture
française et de la culture allemande est commune aux deux pays. L’autre atout
est que nous sommes une académie où il y a beaucoup de tourisme.
La construction européenne ne se fera pas sans le moteur
du couple franco-allemand. Si nos deux populations ne prennent pas en compte
ces paramètres communs, il n’y aura pas d’Europe. C’est pourquoi nous devons
faire un effort quantitatif de l’enseignement de l’allemand. Aux formateurs et
aux inspecteurs à mettre en place des formations pour accompagner, en
particulier, les professeurs des écoles, en mettant à leur disposition plus de
matériel.
Madame Herminia Daeden, de la DAREIC, invite quatre
correspondantes à donner leurs
impressions de leur expérience dans les deux pays. D’ailleurs, elles soulignent
toutes les différences, en mettant en valeur la naissance d’une amitié
franco-allemande réelle et profonde.
Adrien Schaefer,
Président de la Régionale Nice-Toulon.
Voici
maintenant l’Edito de Monsieur le Recteur, dans une brochure qu’il nous a
transmise :
Edito
L’enseignement de l’allemand dans
l’académie de Nice doit être développé. Le nombre des jeunes qui apprennent la
langue allemande est insuffisant : ils sont à peine 5 %, et ce pourcentage
est en diminution ? Je souhaite qu’il augmente sensiblement, et j’ai, à
cette fin, arrêté un « plan de relance de l’enseignement de
l’allemand » : je demande à tous les responsables du système éducatif
concernés par ce problème d’inscrire leur action dans le cadre de ce plan de
relance.
La construction européenne ne sera possible
qu’à la condition que ce que l’on a parfois appelé le « moteur franco-allemand »
soit actif. Nos deux peuples doivent mieux se comprendre, coopérer, partager.
C’est une nécessité si l’on veut engendrer de la compréhension, de la
coopération et du partage dans l’ensemble des pays qui forment notre Europe.
L’histoire, la géographie, l’économie imposent à la France et à l’Allemagne
d’être le cœur de la construction européenne. Cela passe forcément par
l’éducation des jeunes, donc par l’enseignement.
Si l’on ajoute à cela que nos jeunes ont
besoin de s’ouvrir aux réalités étrangères pour être mieux préparés aux
évolutions qu’ils rencontrent dans leur vie sociale et professionnelle, et
aussi que les échanges commerciaux et touristiques de notre région avec
l’Allemagne sont importants, on aura compris l’urgence qu’il y a à améliorer
l’offre d’enseignement de l’allemand, et à augmenter l’effectif des élèves qui,
dès l’école primaire et le collège, apprennent cette langue. Le développement
de l’enseignement de l’allemand est une priorité pour l’académie. J’attends de
tous ceux qui peuvent y contribuer qu’ils agissent pour cela.
Christian NIQUE
Recteur de l’Académie de Nice
Chancelier des Universités
Voici
la situation de l’enseignement de l’allemand dans notre académie :
ETAT DES LIEUX
de l’enseignement de l’allemand dans l’académie de
Nice
|
Poids de
l’allemand dans l’académie : 4,47% |
Académie |
Var |
Alpes-Maritimes |
|
En primaire : pourcentage d’élèves apprenant l’allemand nombre d’écoles où l’allemand est présent nombre de professeurs des écoles habilités nombre de professeurs des écoles enseignant l’allemand nombre de postes fléchés “enseigner l’allemand” nombre de sections internationales En collège : pourcentage d’élèves apprenant l’allemand nombre de classes bilangues anglais-allemand / allemand
anglais nombre de sections européennes nombre de sections internationales En lycée : pourcentage d’élèves apprenant l’allemand nombre de sections européennes nombre de sections internationales nombre de sections ABIBAC nombre d’enseignants de la DNL nombre d’établissements utilisant le manuel d’histoire
franco-allemand |
3,2% 114 200 19 5 1 4,9% 74 9 1 5,6% 6 1 1 10 3 |
3,8% 43 88 15 5 0 4,1% 38 8 0 5,5% 2 0 1 |
2,3% 71 112 4 0 1 5,7% 36 1 1 5,7% 4 1 0 |
En
collège et lycée :
nombre de
certifications : A2 : 155
B1 :
182
Et voici, enfin, le plan de
relance proposé par Monsieur le Recteur :
Plan
de relance de l’enseignement de l’allemand dans l’académie de Nice pour la
période 2010 - 2012
Faire passer le
poids de l’allemand dans l’académie de 4,47% à plus de 6 %
En primaire :
·
créer
4 postes fléchés « enseignement de l’allemand » par an et par département,
avec l’ambition de parvenir à faire assurer l’enseignement de l’allemand en
majorité par des professeurs des écoles habilités,
·
proposer
chaque année des stages de perfectionnement linguistique et didactique à destination
de 30 professeurs déjà habilités en allemand dans chaque département,
·
mettre
en place un dispositif d’accompagnement des enseignants souhaitant enseigner
l’allemand (création, en lien avec le CRDP de Nice, de centres de ressources
pour les circonscriptions, mise en place d’une certification pour l’habilitation
du professeur volontaire, renforcement du dispositif de maillage départemental
pour l’identification et l’accompagnement des professeurs volontaires).
En collège :
·
augmenter
le nombre de classes bilangues allemand-anglais de 30% (passage de 74 à 100
classes),
·
accroître
le nombre de sections européennes pour atteindre au moins 16 sections (8 dans
chaque département),
·
pérenniser
le passage de certifications A2,
·
développer
les séjours linguistiques et culturels avec validation du cursus scolaire
pour favoriser l’acquisition du niveau B1 de la certification.
En lycée :
·
implanter
une section européenne au lycée Jean MOULIN de Draguignan pour assurer la
continuité avec les collèges du bassin,
·
permettre
l’accès aux sections européennes à des élèves hors secteur scolaire,
·
créer
au moins deux sections ABIBAC supplémentaires,
·
doubler
le nombre de jeunes des lycées professionnels qui effectuent un stage dans
les entreprises allemandes.
En primaire, en
collège et en lycée :
·
candidater
en vue d’obtenir 4 contrats COMENIUS pour soutenir l’enseignement de l’allemand
en primaire,
·
développer
le nombre d’appariements entre établissements de l’académie et du Land de
Bavière,
·
développer
les échanges d’élèves français et bavarois,
·
assurer
la continuité de l’enseignement de l’allemand du primaire au lycée lorsque
cet enseignement existe.
Vers les
parents d’élèves :
·
mettre
en place des outils de communication (site internet, plaquette…) pour sensibiliser
les familles à l’intérêt et aux avantages de l’apprentissage de l’allemand.
D’une manière générale, rendre plus lisible la « Journée
franco-allemande » (22 janvier) en promouvant des actions culturelles en lien
avec l’allemand.